Réparer une crevaison.
Par Isidore Prévalet
S’il y a une chose que tous les cyclistes (sur route ou en VTT) auront à rencontrer, c’est bien la crevaison. Elle peut transformer la sortie en galère. Un minimum de précaution et de savoir-faire peuvent toutefois éliminer tous les désagréments de ce type de mésaventure.
Pour commencer j’invite chacun à vérifier les surfaces des pneus ou des boyaux après chaque sortie. En effet, il est rare qu’un objet traverse un pneu en une seule fois. En vérité, l’objet se plante dans la gomme puis, à chaque tour de roue, pénètre un peu plus dans la carcasse avant de la traverser et d’endommager la chambre à air. Une inspection régulière permet donc d’éviter ce problème. Quant à la réparation de la crevaison elle-même, voyons celle-ci en image. Volontairement, nous ne traiterons pas de la réparation d’une crevaison avec une rustine. Je n’ai personnellement que très rarement employées cette méthode. Tout d’abord les rustines ne sont pas pratiques à utiliser sur le terrain (et sous la pluie... c’est moralement éprouvant !) et, de plus, il faut savoir très bien les poser pour qu’elles puissent résister aux pressions importantes utilisées en cyclisme sur route. Au final, au regard du coût modique d’une chambre à air, j’ai toujours préférez le remplacement de la chambre à sa réparation.

Voici la roue avant qui va être l’objet de notre attention. Elle est utilisée sur un vélo de course mais uniquement en ville. Le pneu et la jante sont donc très rustiques. Toutefois, toutes les roues à pneu peuvent être réparées de la même manière.
Vous avez besoin d’un minimum d’outillage.
La bombe anti-crevaison curative permet de réparer sur le terrain en ayant pris soin d’enlever l’objet qui a perforé le pneu et la chambre à air. Il faudra ajuster la pression d’air au bout de quelques kilomètres. La bombe anti-crevaison permet d’éviter le démontage du pneu pour remplacer la jante. Attention toutefois à avoir l’adaptateur qui permet de l’utiliser sur des valves presta (route) ou schrader (dite valve automobile).
Si vous désirez remplacer la chambre à air, il vous faut un ou plusieurs démontes pneu (en jaune et bleu), une pompe pour gonfler la chambre après la réparation et bien sûr une chambre à air en état (neuve c’est toujours l’idéal pour éviter les déconvenues).
Commençons par le démontage du pneu. Nous glissons le premier démonte pneu sous la tringle et nous attachons ce démonte pneu à un rayon. A noter que je n’utilise que des démonte pneu en plastique. Cela est nettement moins agressif pour les tringles, les flancs et la jante.
Puis je glisse le second sous la tringle...
... que je fais glisser pour décoller la tringle du pneu de la jante. Après quelques centimètres, c’est l’ensemble de la tringle qui se désolidarise de la jante.
Après avoir enlevé l’un des deux flancs du pneu, j’enlève la chambre à air en commençant par la valve.
Je la retire sans ménagement puisqu’elle finira à la poubelle dans quelques secondes. Je peux alors enlever le pneu de la jante sans problème.
Lorsque le pneu est démonté, il faut l’inspecter et rechercher l’endroit où le pneu a été perforé. Très souvent l’objet est encore planté dans la carcasse. Ici, c’était un bout de verre qui avait touché le pneu et qui a endommagé la carcasse que l’on voit au fond du trou. Les dommages sont minimes et le pneu est tellement rustique qu’il n’y aura aucun risque à l’utiliser à nouveau. Si je pouvais voir mon doigt au travers du trou en appuyant sur le pneu, ce dernier irait immédiatement à la poubelle.
Je passe mes doigts et mes pouces à l’intérieur du pneu pour rechercher si un objet est encore planté dans la carcasse.
Je prépare la chambre à air en la gonflant légèrement. Michelin préconise que la chambre doit ‘casser’ sur le doigt comme ici.
Je vérifie aussi si le fond de jante est en bon état. Ici le fond de jante est en caoutchouc donc il résiste bien dans le temps et ne s’enfonce pas comme un fond de jante plastique sous la pression de la chambre. Je ne le change pas.
Je remets en place le pneu en insérant uniquement une tringle sur la jante. J’en profite...
...pour faire très attention au sens de montage ici indiqué par une flèche sur le flanc.
J’insère ensuite la chambre à air en commençant par la valve.
Puis je referme la roue en mettant en place la seconde tringle. Certaines personnes mettent un peu de talc pour que l’ensemble se mette bien en place. Personnellement, je m’en suis toujours passé.
Il faut toutefois être prudent lorsqu’on remet la tringle en place car on peut très facilement pincer la chambre entre la tringle et la jante comme ici.
Dès que la roue est complète je remet rapidement toutes les petites pièces pour ne pas les perdre : valves, écrou, aimant de compteur...
Je gonfle la roue mais, puisque je ne suis pas en randonnée, j’en profite pour gonfler avec une pompe à pied.
Je gonfle à 2 bars pour pouvoir vérifier que tout va bien. Pour les VTT je mets à peine 1 bar.
Je ‘pétris’ la roue (en écrasant le pneu par terre ou entre les mains) pour que l’ensemble pneu, chambre et jante se mette bien en place. Dans cette phase on peut entendre de petits craquements lorsque la tringle bouge et se mets au fond des gorges de la jante.
Je vérifie que le pneu soit bien régulièrement posé sur la jante. Aujourd’hui, les pneus ont un petit ourlet de gomme qui court sur le flanc juste au dessus de l’endroit où devra être la jante. Je fais ensuite tourner la roue entre mes mains pour voir s’il n’y a pas de ‘saut’ de pneu. Si c’est le cas, cela signifie que les tringles ne sont pas parfaitement en place au fond de la jante. Enfin, je gonfle à la pression désirée.