Benoit Valque est un entraîneur passionné et très occupé. Il vient d’attaquer sa 6ème saison au sein de la structure AlternativSport qui gère notamment le site internet Velotraining.net pour laquelle il propose des plans d’entraînements personnalisés.
Si des coureurs à pied, trailers, raideurs, duathlètes et triathlètes font partie des sportifs qu’il suit via www.trainingattitude.com , ce sont les cyclistes qui ont plus particulièrement retenu notre attention.
Quoiqu’il en soit, il semblait également judicieux de s’intéresser à sa personnalité et à sa façon d’exercer un métier... peu connu.
www.cyclosport.com. Pouvez-vous vous présenter brièvement avec quelques mots sur votre âge, études, lieu de vie, sports pratiqués ?
Benoit Valque. J’ai 28 ans, je suis Nordiste et vis aujourd’hui sur la région Dunkerquoise. Après un parcours scolaire classique je me suis orienté vers la filière STAPS et c’est très logiquement que j’ai choisi de prolonger mes études grâce à la filière « Entraînement Sportif ». Les méthodes d’entraînement, la planification cela a toujours été une passion.
A titre personnel je pratique le duathlon et le triathlon. Un prolongement essentiel à mon métier pour bien comprendre les sportifs dont j’ai la charge. Les connaissances théoriques, le savoir-faire c’est essentiel mais connaître les réalités du terrain c’est important également. Nous faisons partie du « même monde », il y a une proximité qui est plus facile à trouver quand on partage les mêmes valeurs, la même passion au-delà du rapport professionnel. Pour comprendre le fonctionnement d’un sportif, contrôler sa progression, savoir le rassurer en cas de doute, il faut pratiquer soi-même.

www.cyclosport.com. Qu’est-ce qui vous a conduit à l’issue de vos études à devenir entraîneur (depuis combien de temps avec Alternativsport) ?
Benoit Valque. Je n’avais pas tout à fait achevé mes études quand j’ai signé mon contrat avec AlternativSport. En maîtrise STAPS j’ai rédigé un mémoire de recherche sur le triathlon que j’ai mis en ligne sur le net. Frédéric Torrès, qui avait créée la société quelques années plus tôt, m’a contacté peu de temps après. Nous avons discuté, une opportunité existait au sein de la société. C’était parti !
www.cyclosport.com. Quelles sont les disciplines pratiquées par les sportifs suivis ?
Benoit Valque. Les cyclistes (VTT, cyclosport, cyclisme traditionnel) représentent aujourd’hui plus de 50% de la clientèle. En signant au sein d’Alternativ Sport j’ai souhaité développer les suivis pour le triathlon et le duathlon. Aujourd’hui de plus en plus de sportifs nous font confiance et la société grandit. Nous nous diversifions également grâce au trail, une discipline en vogue tandis que nous suivons ponctuellement des sportifs de toutes disciplines, motocross, football, roller sport de combat, etc.. Mais Velotraining a une ancienneté et donc une notoriété supérieure.
www.cyclosport.com. Comment arrivez-vous à jonglez avec tous ces rendez-vous ?
Benoit Valque. C’est une vraie organisation ! Chaque semaine je demande aux sportifs suivis de me fixer un rendez-vous téléphonique en fonction de leurs disponibilités respectives. D’autres rendez-vous sont fixes d’une semaine sur l’autre. En anticipant je peux accorder du temps à chacun pour un suivi de qualité. D’ailleurs je fais en sorte que le plan d’entraînement soit construit aussitôt après le rendez-vous quand cela est possible afin de garder en tête tous les éléments. Il n’est nullement question d’enchaîner les rendez-vous téléphoniques à la chaîne. Pour être efficace il faut connaître chacun, et pas seulement sa discipline mais également sa personnalité, son fonctionnement etc.
www.cyclosport.com. Sous quelle forme se fait le contact entre vous et le sportif, et en quoi consiste un plan d’entraînement ?
Benoit Valque. Le contact est en général téléphonique, nous prenons en charge les communications. Nous suivons également beaucoup d’étrangers ou de français expatriés et Skype ou Messenger deviennent alors intéressants.
Quant au plan d’entraînement je citerai ce qui est quelque part notre marque de fabrique : « c’est le plan qui s’adapte au sportif et non le sportif qui s’adapte à son plan ». Tout est pris en compte (paramètres sportifs, professionnels, personnels) pour proposer un programme personnalisé, individualisé, sur-mesure. Et si le plan devait être modifié pour une raison quelconque, celui-ci est réajusté.
Rien n’est pré défini, les plans sont construits « à la carte ». Il n’y a pas de programmes types. Cela représente un travail énorme mais passionnant !

www.cyclosport.com. Avez-vous quelques anecdotes ou expériences qui vont font particulièrement plaisir, comme par exemple d’avoir amener un cycliste vers une très belle performance ou l’avoir tout simplement conduit à d’immenses progrès ?
Benoit Valque. Oui, quelques unes.
En 2005 par exemple, un cycliste qui avait largement dépassé la soixantaine nous a contacté pour un programme de remise en forme. Objectif : remonter l’Alpe d’Huez pour son anniversaire !
D’une manière générale toutes les victoires sont partagées, il y a un vrai échange, un lien qui se créé. Parfois je dois presque rappeler à certains que ce sont eux qui ont pédalé et non moi !
J’ai également en tête le cas d’un débutant, issu d’un sport complètement différent, qui débutait le cyclisme : un an plus tard il signait un Top 10 dans une cyclosportive.
Et puis chaque année certains se battent avec les délais d’élimination sur les grandes cyclosportives et pour eux terminer c’est une victoire. Nous suivons des sportifs de tous les niveaux. Aujourd’hui nous n’avons pas vocation à suivre exclusivement l’élite. Ce n’est ni notre rôle ni notre souhait.
www.cyclosport.com. En ce qui concerne votre pratique personnelle, suivez-vous un programme particulier ?
Benoit Valque. Oui. Quand on fait ce métier on ne fait plus rien au feeling ou presque !
Je gère moi-même ma planification mais sans prétention ni aucune ambition démesurée. Aujourd’hui cela fait 10 ans que je pratique et j’ai un bon niveau régional en duathlon sur courtes et longues distances mais pas le potentiel pour aller plus loin. C’est une passion, un équilibre mais je me sers surtout de mon vécu pour aider les autres.
www.cyclosport.com. Est-ce que votre expérience vous sert pour élaborer des contenus voire pour essayer de nouvelles voies ?
Benoit Valque. Oui, tout à fait. L’expérience est essentielle mais il m’arrive très fréquemment de penser de nouvelles séances, de nouveaux contenus. Je teste par exemple régulièrement des choses sur home trainer. Dès lors que je vois que c’est réalisable je propose de nouvelles séances ce qui permet d’apporter un maximum de variété dans les plans d’entraînement. Il faut toutefois rester simple dans les contenus. L’important dans notre métier c’est d’évoluer, de ne pas rester dans des schémas trop classiques. J’ai l’impression d’évoluer en permanence depuis ces six années.
www.cyclosport.com. Quelles sont les formules proposées par Velotraining qui remportent le plus de succès ? Comment l’expliquez-vous ?
Benoit Valque. Les formules 3 et 3 bis qui sont des formules intermédiaires. C’est un bon rapport qualité/prix et le suivi est pointu.
www.cyclosport.com. Rencontrez-vous « en vrai » tous les sportifs que vous coachez ?
Benoit Valque. Non, et c’est même rare. Je partage quelques entraînements avec les sportifs qui sont proches géographiquement mais ce sont surtout les salons (Paris, Lyon, Roc d’Azur) qui nous permettent de nous rencontrer. Parfois on peut se voir également sur des épreuves que l’on fait en commun. On se retrouve sur place, on discute d’autres choses ... C’est vraiment un plus.
www.cyclosport.com. N’y voyez-vous pas une espèce de frustration dans la mesure où vous ne pouvez pas voir les petits défauts techniques des cyclistes ?
Benoit Valque. Si, et cela ne se limite pas aux défauts techniques ! On ne peut pas voir dans quelle mesure les séances sont bien réalisées, si le sportif s’échauffe correctement, respecte les consignes ou non, s’il respecte les allures ou encore s’il s’hydrate suffisamment par exemple. C’est la limite du système mais elle est largement compensée par les avantages ! Dans le suivi à distance il faut se responsabiliser et ne pas tricher avec soi-même. Les sportifs qui réussissent sont ceux qui suivent leur plan de travail au plus près. Le suivre d’un œil distrait ou à moitié ne sert à rien.